La médiation est un espace et un temps où il est possible d’exprimer ce qui est au cœur du désaccord ou de la rupture de la relation. C’est une rencontre au cours de laquelle on découvre que nos conflits ne sont pas nécessairement destructeurs, mais peuvent devenir générateurs d’une relation nouvelle.

Pourquoi la médiation ?

Dans toute situation conflictuelle, une séparation se crée entre les antagonistes: chacun s’exprime dans un monologue obstiné, incapable d’écouter l’autre. On se parle sans se comprendre, on se sent de plus en plus seul, chacun reste enfermé sue ses positions, l’agressivité monte jusqu’à un possible passage à l’acte violent contre “l’autre”. L’intervention d’un tiers extérieur peut débloquer ce conflit et la dynamique du conflit à deux peut ainsi se transformer.

L’esprit de la médiation humaniste

Une longue pratique de la médiation, particulièrement dans le domaine pénal, point de rencontre de toutes les contradictions et souffrances humaines,  a permis de mieux répondre aux demandes et aux besoins des personnes en conflit (médiants) ; pour ce faire, à partir de l’expérience concrète de la rencontre de la confusion, du conflit  voire du chaos, a été peu à peu élaborée une approche spécifique qui s’est développée à partir des sources de notre culture classique, gréco judéo-chrétienne. Cette nouvelle conception de la médiation est le fruit d’un “travail de terrain” ; si l’on peut qualifier cette conception de philosophique, c’est en tant que recherche de l’harmonie qui peut naître de la rencontre des différences et des contradictions, au cœur de l’expérience humaine. (Héraclite, VIème s av JC).

La médiation humaniste au Cmfm

En 1984, à la demande de Robert Badinter, alors Garde des Sceaux, qui souhaitait « humaniser la justice », la Justice française a cherché à promouvoir la participation du citoyen pour retrouver la paix dans le cadre de plaintes liées à des conflits le plus souvent interpersonnels ; au-delà, Robert Badinter souhaitait que la notion de « réparation » des parties, située au fondement même de la Justice, retrouve toute sa place dans le fonctionnement et les décisions judiciaires.

La médiation, encore grande inconnue en Europe à l’époque, fut instaurée dans le cadre pénal, en tant que mesure de réparation, particulièrement dans les cas de violences interpersonnelles. Jacqueline Morineau a mis en place cette mesure pionnière puis, en 1987,  a créé le Cmfm (Centre de Médiation et de Formation à la Médiation) pour sa mise en œuvre auprès du Parquet de Paris.